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Votre jeune chien se met à boiter d’un antérieur … et si c’était dû à une dysplasie du coude?

Dernière mise à jour : 6 déc. 2022


Par François Fauqueux, DMV, CES de traumatologie ostéoarticulaire et orthopédie animales


Résumé :

  • La dysplasie du coude est une malformation du coude conduisant rapidement à une dégénérescence arthrosique.

  • Le diagnostic doit être établi précocement afin de le traitement puisse être mis en place le plus rapidement possible.

  • L’arthroscopie est l’examen de choix et fait partie du traitement de la dysplasie. En fonction de l’importance et du type de la pathologie, des chirurgies associées améliorent grandement le pronostic à long terme.

  • Des traitements médicaux y compris en médecine régénérative ont une grande importance dans la limitation de la dégradation arthrosique du coude.

  • Un soutien alimentaire par la suite jouera dans la limitation de la dégradation arthrosique


La dysplasie du coude est une malformation liée à une développement anormal de l’articulation du coude.

Cette maladie regroupe plusieurs pathologies, qui peuvent apparaître seule ou associées les unes aux autres: Fragmentation ou fracture du processus coronoïde médial, Non union du processus anconé, Ostéochondrite disséquante du condyle huméral médial, incongruence articulaires.


Figure 1: Le golden retriever fait partie des races prédisposées à la dysplasie des coudes



Votre jeune chien , qui d’habitude va bien, se met subitement à boiter d’abord sur quelques pas, à froid, au lever, puis boite de plus en plus d’un antérieur, ou des deux. Quand les deux coudes sont atteints, la boiterie est moins visible mais votre chien rechigne à faire des ballades et semble marcher “sur des œufs”. La boiterie peut aller jusqu’au défaut d’appui. Un signe classique est le ou les poignets qui tourne vers l’extérieur (aspect panard)

Certaines races de chien sont prédisposées, comme le Golden Retriever, le Labrador , le Berger Allemand….

Dès les premiers signes, consulter votre vétérinaire afin qu’il puisse établir LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE la suspicion de dysplasie du coude…. Car il y a une course de vitesse à ce moment là, plus tôt est posé le diagnostic, meilleurs sont les résultats des traitements !

Le diagnostic est d’abord clinique :


L’analyse de démarche révèle une boiterie spécifique. L’examen clinique révèle une douleur lors de manipulation du coude (pronation, supination, extension, flexion, pression du compartiment médial)


Les radiologies sont nécessaires mais parfois pas suffisante pour un diagnostic. Elle sont néanmoins nécessaires pour proposer d’aller plus loin dans les examens complémentaires.


Figure 2: Radiographie de coude dysplasique chez un jeune golden retriever




Même si le scanner est souvent diagnostic, c’est l’arthroscopie qui est l’examen le plus indiqué en cas de dysplasie du coude.




Figure 3: Fracture du processus coronoïde médial


Non seulement l’examen a une sensibilité plus élevée, mais en plus il permet de traiter les lésions comme l’ostéochondrite disséquante du condyle huméral médial et la fragmentation du processus coronoïde médial. Il permet en plus de faire un rinçage important de l’articulation et d’éliminer tous les débris ostéo-cartilagineux lié aux frottements induits par l’incongruence articulaire.


L’examen peut se pratiquer sur les deux coudes en une seule session.

L’arthroscopie permet également de définir l’intérêt d’une chirurgie supplémentaire , comme l’ostéotomie ulnaire proximale bi oblique en cas d’incongruence huméro-ulnaire ou l’implantation d’une greffe ou d‘ une prothèse synaCART en cas d’ostéochondrite dissécante du condyle huméral médial de grande taille.

Les traitements :



Figure 4: fixation du processus anconé après ostéotomie bi oblique



L’arthroscopie fait donc complètement partie du traitement et traite toutes les fragmentations du processus coronoïde médial (FCPM).


Cependant , des chirurgies additionnelles sont souvent nécessaires :

L’ostéotomie ulnaire proximale bi oblique est le traitement qui sera le plus souvent proposé. Il peut être fait dans le même temps que l’arthroscopie, mais sur un seul coude à la fois.

L’ulna est coupé de manière spécifique, lui permettant de prendre une position où les contraintes sont minimale. Le membre opéré est ensuite protégé pendant 3 semaines à l’aide d’un pansement compressif semi rigide. La cicatrisation osseuses aura lieu entre 45 et 120 jours en général. Là encore, plus l’intervention a lieu tôt, meilleur est le pronotic à long terme.

La non Union du processus anconé (NUPA) se traite différemment en fonction du stade et de la précocité du traitement.

Dans le premier stade, la simple ostéotomie ulnaire entraine la cicatrication du processus anconé.

Dans un stade plus avancé, une fixation sera en plus nécessaire, par broches et vis. Celà peut se faire de manière miniinvasive assisté par arthroscopie.

Quand les lésions sont trop avancé, le processus anconé est retiré chirurgicalement.

L’ostéochondrite dissécante (OCD) du condyle humérale, tout comme la NUPA se traite différement en fonction du stade. Pour des OCD peu profonde et de faible taille , un curetage sous arthroscopie sera suffisant. Pour de rares cas de lésions de grande taille et profonde, la mise en place d’autogreffe ou de prothèse ostéocartilagineuse SynACART sera nécessaire.




D’autres traitements complémentaires sont possible et améliorent la récupération notamment en favorisant la repousse d’un cartilage avec de bonne qualité mécanique.

Ainsi un mélange Acide Hyaluronique PRP (plasma riche en plaquette, obtenu extemporanément après double centrifugation et séparation du PRP des globules rouges et blancs) permet d’améliorer la récupération mécanique immédiatement (acide hyaluronique) et d’optimiser la cicatrisation cartilagineuse en favorisant l’apparition d’un néocartilage avec plus de fibre de collagène de type I (meilleure tenue et meilleure qualité grâce au PRP).


Figure 5: Seringue d'acide hyaluronique à haute viscosité complémenté en PRP à double concentration



Ce traitement fait partie des traitements de médecine régénérative, comme l’injection de cellules souches, également disponible.

A ces traitements, il faut rajouter afin d’optimiser la récupération tout ce qui va aider le corps à mieux aller : en premier lieu une bonne rééducation, afin de reprendre de bon appui et de redévelopper une musculature qui a moins bien fonctionné.

Le travail de la proprioception sur plateau dédié, la marche sur tapis immergé ou par défaut marche en eau font partie des exercices permettant une meilleure récupération.

Il est très important que votre compagnon continu a avoir des activités une fois cicatrisé, afin de minimiser la sensation douloureuse arthrosique. Les ballade sont aussi bonne pour le corps que pour le mental !

L’alimentation est également très importante. Il faut que votre chien ne prenne pas de poids et qu’il ait des apports en oméga 3 et 6, en vitamine E, en compléments à visée de protection articulaire (chitosan, glycosaminoglycane, chondroïtine…) . Des aliments spécifiques existent chez votre vétérinaire.

Selon l’évolution de la dysplasie de votre chien, votre vétérinaire sera amené à vous proposer divers traitements: anti inflammatoires au long cours, anti douleur centraux, injections d’anti corps monoclonaux… La douleur arthrosique n’est pas une fatalité et un chien correctement pris en charge peut avoir une vie tout à fait normal !

Tous les traitements évoqués ci dessus sont proposé par notre clinique.

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